Contrefaçon : les faux médicaments occupent une part croissante du marché

Publié le par Paul Bordy

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L’Union des fabricants pour la protection internationale de la propriété intellectuelle (Unifab), à l’occasion de la journée mondiale anti-contrefaçon, souhaite alerter l’opinion publique sur le fait que les faux médicaments représentent une part de plus en plus importante de la contrefaçon mondiale.

 

En 2010, les médicaments contrefaits représentaient 10 % du marché pharmaceutique mondial. Un pactole qui s’élève à 75 milliards d'euros pour les fraudeurs, dixit l'Unifab.

 

Près de 3 millions de faux médicaments ont ainsi été saisis par les douanes cette même année rien qu'en Europe. Cela représente tout de même 3 % des 103 millions d'articles contrefaits interceptés…

 

2010, un tournant

 

« L'année 2010 a marqué un point de rupture. Les douaniers ont intercepté un nombre significatif de faux médicaments, alors qu'auparavant, ces produits représentaient une part anecdotique de la contrefaçon », assure-t-on du côté d’Unifab. La principale raison de cette augmentation ? Ceux qui fraudent ont de plus en plus la possibilité de produire des faux en quantité industrielle. C’est toute la différence.

 

Selon l'OMS, 40 % des cas de contrefaçon sont détectés dans les pays industrialisés et 60 % dans des pays pauvres. « La contrefaçon de médicaments peut être extrêmement dangereuse pour la santé des patients. Elle porte sur de mauvais dosages, l'absence de principe actif, voire même l'ajout de substances toxiques dans les produits proposés à la vente », indique Christian Peugeot, président d'Unifab. L’exemple du Kamagra, un faux Viagra contenant des traces de mort aux rats et de kérosène, est à cet égard tout à fait parlant.

 

Alors que les faux médicaments concernent d’abord des produits dits de « conforts » (qui ne soignent pas de maladie), la contrefaçon porte de plus en plus sur des médicaments liés à des pathologies lourdes (cancers, maladies cardiovasculaires…). Et c’est d’autant plus inquiétant.

 

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