Industrie pharmaceutique: pour la transparence sur les cadeaux des laboratoires

Publié le par Paul Bordy

Irène Frachon contre le Mediator

Notre article précédent était consacré à l’importance des firmes dans l’industrie pharmaceutique, et expliquait pourquoi l’Etat ne pouvait se permettre de fabriquer lui-même des médicaments. Nous avons décidé de donner aujourd’hui l’autre pendant d’une telle information en expliquant pourquoi les firmes pharmaceutiques doivent être cependant contrôlées par l’Etat.


Le cri d’alarme de deux auteurs

 

C’est un article du Monde paru aujourd’hui et écrit par Irène Frachon et Bruno Toussaint qui nous a poussé à réagir. On doit à Irène Frachon une lutte acharnée pour faire reconnaître les dangers du Mediator, et à Bruno Toussaint d’être le rédacteur en chef de la revue Prescrire, qui se bat pour la transparence et l’information santé pour les patients.

 

Vers la suppression de la transparence


Ces deux auteurs dénoncent le fait qu’un décret d’application  risque tout simplement d’annihiler une loi fort utile, la loi du 29 décembre 2011 dite loi Bertrand. Cette loi demandait une « une obligation de rendre publique l'existence des conventions qu'elles concluent et des avantages procurés à leurs interlocuteurs intervenant dans le champ de la santé ». En d’autres termes, elle visait à supprimer les avantages ou autres cadeaux offerts par les laboratoires aux professionnels de la santé pour les influencer à prescrire tel ou tel médicament.

 

Un véritable système souterrain

 

Ces cadeaux prennent, selon les dires de Mme Frachon et de Mr. Toussaint, la forme d’invitations au restaurants, voire de financement de formation professionnelles continues ou encore des invitations tous frais payés à des congrès. Le pire, c’est que ces cadeaux sont souvent fais aux frais de la Sécurité Sociale, qui rembourse la plupart des médicaments.

 

Internet et santé pour la transparence des médicam

 

Les solutions pour des médicaments efficaces et sans (trop de) risques


Alors, pour pallier à ce problème, no voit bien qu’une transparence imposée par l’Etat est la solution. Les auteurs souhaiteraient voir une transparence sur toute compensation financière accordée par un membre de l’industrie pharmaceutique à un praticien à partir de 1 euro. Mieux encore, ils préconisent la création d’un site internet où serait recensé toutes ces pratiques, pour permettre au patient de se faire une meilleure idée sur les dangers et la transparence de tel ou tel médicament. Ce qui permettrait à terme d’éviter que des affaires aussi sinistres que celles du Mediator ou du Vioxx se reproduisent.

On voit donc bien qu’industrie pharmaceutique et pouvoir public doivent marcher dans la main pour que les patients profitent de médicaments à la fois efficaces et sans danger trop important pour la santé.

Publié dans Médicaments

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