L’IGAS tire la sonnette d’alarme sur le système de santé français

Publié le par Paul Bordy

IGAS

 

Le 21 Juin dernier, l’Inspection Générale des Affaires Sociales (IGAS) a publié un second rapport, 6 mois après la sortie de leur premier rapport sur l'affaire du Mediator. Un rapport très inquiétant sur la vieillesse et l’inefficacité de nos institutions en matière de santé : notre sacro-saint principe de précaution ne fait plus le poids face aux laboratoires pharmaceutiques tout puissants.

 

La pharmacovigilance, une coquille vide ?

 

La pharmacovigilance, cette surveillance des médicaments au sens large (y compris dans les cas d’utilisation anormaux), était il y a 40 ans la tête de proue de la France, à l’avant-garde du système de santé européen. Or depuis tout ce temps, la France n’a jamais modernisé ses outils, ses méthodes et sa culture. On découvre en autre que la méthode de déclaration ne se fait toujours que par voie postale et ne concerne pas tous le s professionnels de la santé, et que les cas sont sous-évalués !

 

L’IGAS préconise la création d’un département de pharmaco-épidémiologie au sein de l’AFSSAPS et le retour en force du principe de précaution. Et surtout, « mettre fin à l’incohérence qui voit des médicaments proposés au déremboursement par la commission de transparence pour des raisons de sécurité sanitaire rester sur le marché ». Enfin, le rapport pointe du doigts l’inefficacité de l’AFSSAPS et des pouvoirs publiques, ou encore les prix des médicaments, qui seraient fixés sur des « fondements discutables ».


L’appel à une réforme profonde de la politique du médicament en France

 

L’ IGAS propose 41 mesures pour élaborer une réforme très importante, en commençant par un contrôle renforcé des laboratoires et la suppression des visiteurs médicaux. Il conseille aussi une réduction du nombre de médicaments, dont seuls ceux «essentiels à la couverture des besoins de santé publique» devraient être retenus.

 

Et face aux rapports déséquilibrés entre l’AFSSAPS (qualifiée « d’agence enregistreuse ») et les laboratoires, il recommande la « transformation de la Haute autorité de santé en autorité médico-économique ».

 

Rappelons que l’IGAS est le « service interministériel de contrôle, d’audit et d’évaluation des politiques sociales pour éclairer la décision publique. Elle réunit 130 experts de la Cohésion sociale, de la Protection sociale, du Travail, emploi, formation professionnelle, et Santé. »

 

Espérons que ces déclarations soient suivies d’effets au niveau du gouvernement. Quand on sait l’énergie avec laquelle les pouvoirs publiques tentent de décrédibiliser la vente de médicaments en ligne tels que le Viagra 100mg, le Cialis 20mg ou le Levitra 20mg, on se dit que finalement il existe bien d’autres priorités sanitaires.


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