La téléphonie mobile, nouvelle arme contre les faux médicaments

Publié le par Paul Bordy

uganda_sms_malaria.jpeg

 

 


Avec Internet, les consommateurs ont une nouvelle arme, notamment contre les contrefaçons de médicaments. En Afrique, où la production de faux traitements a augmenté de plus de 90% en 5 ans, une initiative à but non lucratif s’inscrit dans la lutte contre ce trafic illégal, grâce aux téléphones portables.

 

Des sms pour combattre la contrefaçon

 

mPedigree est un vaste programme lancé en 2008 au Ghana, et qui se développe depuis 2010 au Niger, en Tanzanie, au Kenya, en Ouganda et au Cameroun. Il a été récompensé en 2011 par le 4ème forum Net Explorateur à Paris. Son fonctionnement est très simple : des languettes sous lesquelles on trouve un numéro d’authentification unique sont placés sur les médicaments. Lors de l’achat, le consommateur envoie par sms le code présent sur la boîte, et reçoit instantanément une réponse lui confirmant si le médicament est un vrai.

 

mpedigree.jpeg


Ce projet a été créé en partenariat avec les plus grands opérateurs téléphoniques installés en Afrique, les industries pharmaceutiques et les instances gouvernementales de santé. Il apparaît à un moment où les téléphones mobiles commencent à être de plus présents en Afrique. De 2002 à 2006, la proportion d’adultes utilisant un téléphone portable en Ouganda est passée de 16 à 80%. De plus, la technologie utilisée par mPedigree est simple et acquise, et donc facilement transférable d’un pays à un autre.

 

Une telle mesure mériterait d’avoir des émules en Occident, où la contre façon de médicaments est aussi très présente : en 2010, les douanes européennes ont ainsi saisi plus de 3 millions de médicaments contrefaits. La technologie et le nombre d’utilisateurs y est aussi beaucoup plus importante.

 

mpedigree2.jpeg 


Le portable pour lutter contre le Sida

 

Mais la téléphonie mobile a aussi d’autres utilités en matière de prévention santé. Toujours en Afrique, cette fois en Ouganda, une étude a été menée afin de mesurer l’intérêt d’utiliser les téléphones portables afin d’améliorer la prévention contre le VIH chez les jeunes.

 

Après application par l’ONG ougandaise « Text to Change » d’un programme pendant 6 semaines visant à transmettre par sms des informations sur le VIH chez 15 000 jeunes,  a été constatée une augmentation de plus de 100% des demandes de dépistages dans les cliniques locales. L’étude rappelle cependant que ce type de méthode doit être couplée avec des mesures de préventions plus traditionnelles, par l’intermédiaires des écoles ou des paroisses religieuses, comme c’est souvent le cas en Afrique.

 

On ne peut que se réjouir du succès de telles méthodes, et du pouvoir qu’internet et la téléphonie mobile donnent au consommateur en matière de santé et de prévention, à partir du moment où un cadre gouvernemental et juridique supervise le tout.

Publié dans Télémédecine

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article